La Revue de la florithérapie
Les fleurs en Florithérapie

L’infusion solaire : accompagner la nature

L’élixir floral est un processus à la fois simple et extrêmement raffiné. Entrons ensemble dans ses arcanes.

Il peut être réalisé par ébullition ou par solarisation. Bach a beaucoup pratiqué l’ébullition pour recueillir les fleurs d’arbres. L’infusion solaire reste cependant sa véritable découverte, car la décoction qu’engendre l’ébullition est une technique déjà connue de longue date au moment où il œuvre. On trouve trace dans diverses civilisations de l’usage d’eau de fleurs, mais pour la première fois, les propriétés d’une plante sont extraites par les rayons solaires.

Petit rappel de l’élaboration d’un élixir floral

Rappelons brièvement le processus : l’élixir est préparé dans un environnement préservé et correspondant à l’habitat naturel des plantes. Les fleurs sont recueillies et déposées délicatement à la surface d’un bol de verre dans une eau de source pure et très peu minéralisée. Elles reposent ainsi 3 à 4 heures sous les rayons solaires directs. Le liquide est ensuite filtré, puis placé dans un flacon rempli pour moitié de cognac biologique. L’élixir est alors doucement dynamisé. Les fleurs retirées sont remises à la terre. À partir de cette « mère » sera préparé l’élixir final pour le soin.
Cette méthode originale que Bach met au point représente une nouvelle manière de s’adresser à l’énergie subtile de la plante. Elle reprend la notion ancienne d’un remède immédiatement capté de la nature. Bach insiste sur cet aspect dans ces écrits. L’élixir floral s’inscrit dans la force des quatre éléments : terre, eau, air et feu. Le rôle de l’eau sur laquelle sont déposées les fleurs est inspiré de celui de la rosée. Réchauffée par les rayons solaires, celle-ci acquiert le pouvoir de capter et condenser les qualités des fleurs.

Un soin directement capté des énergies de la nature

Lors de la solarisation, l’eau du bol récepteur va assurer les échanges avec la plante. Elle va en recevoir le message.

Selon les termes de Bach « L’eau va recueillir et se laisser enrichir du pouvoir de guérison bienveillant de la fleur ». Cette alchimie de temps et d’imprégnation est moins évidente dans le processus d’ébullition.

L’eau, recueil de la force vitale des plantes

Dans les approches anciennes, on voyait l’élément vital de la plante coupée et séparée de son support retourner à la terre. Ici, la plante coupée, immédiatement placée sur l’eau, voit sa force vitale accueillie et stabilisée.
La sensibilité que possède l’eau lui permet donc de percevoir et capter les influx de l’environnement. On sait que la lune agit sur la terre et les plantes qui la peuplent à travers l’eau. Ce liquide récepteur agit comme un résonateur, conduisant l’énergie vibratoire du cosmos.

Alors que dans l’ébullition et d’autres processus s’adressant aux plantes comme la teinture mère, la plante est plongée dans un substrat qui extrait avec force des qualités qu’on pourrait nommer « qualités du corps », l’infusion solaire permet d’approcher la subtilité de l’énergie, celle qu’on peut mettre en relation avec l’âme, une qualité moins évidente dans les préparations où l’extraction est plus drastique.

Comme l’exprime le chercheur Gurudas : « Placer les fleurs directement sur l’eau facilite l’accueil et la stabilisation de la force vitale. »

L’infusion solaire capte ce que les Chinois nomment JING, la quintessence, la vitalité potentielle cette qualité que nous saisissons en croquant un radis juste sorti de terre et qui s’estompe quelque temps après la cueillette.

Intégration douce du feu solaire

On remarque, dans cette manière de s’adresser à l’énergie des fleurs une intéressante représentation et répartition des quatre éléments et en particulier, une gestion maitrisée de l’élément feu.
En effet, au cours de l’ébullition, l’eau est transformée par le processus chaleur. Le feu prend une grande place et s’associe à la terre à travers les énergies fossiles utilisées pour la combustion. Dans l’infusion, nous sommes devant un feu solaire qui se diffuse crescendo, sans excès, s’équilibrant avec les quatre autres éléments. Après quelques heures de pause, l’eau réceptrice rayonne. « Le feu solaire l’a investie », nous dit Philippe Deroide.

La lente descente dans l’eau des qualités subtiles des fleurs est suivie de la fixation. Fixation et extraction ne sont pas confondues dans l’infusion solaire comme dans une teinture mère où les propriétés sont extraites par l’alcool ou dans un élixir réalisé par ébullition avec un rôle accru du processus chaleur.
L’alcool ou l’eau qui bout ont, en effet, à la fois un rôle d’extracteur et de fixateur. Dans l’infusion solaire, le bol d’eau est un lieu du recueil, lieu d’extraction et de dépôt des qualités.
Dans un second temps, l’alcool viendra fixer la préparation.

On peut également remarquer que l’infusion solaire s’inscrit dans le cours de l’évolution climatique que nous vivons, avec des saisons fréquemment avancées, plus chaudes. Le secours de l’ébullition, lors des temps printaniers agités, va devenir moins évident. L’usage des énergies fossiles va décroitre, accompagnant l’évolution du monde et nous allons nous éloigner de leur usage. L’infusion solaire semble aller dans le sens de cette évolution générale.

L’infusion solaire, une connexion apaisée à la guérison

Enfin, l’ébullition se réfère symboliquement à la notion de souffrance. Un parallèle intéressant est fait, notamment par Julian Barnard, entre la plante qui souffre au cours du processus d’ébullition et les souffrances humaines.

Cependant, une autre relation, plus lumineuse, peut aussi être envisagée entre cette même souffrance et l’infusion solaire, une relation privilégiant le rapport qu’entretiennent toutes choses dans l’univers : les fleurs ne sont pas seulement la métaphore d’une émotion humaine, elles sont réellement l’expression d’une pensée. Conservées en l’état sur le bol, les fleurs nous mettent en relation visuellement, émotionnellement et aussi symboliquement avec le processus de guérison et de transformation. Tous ceux, toutes celles, qui ont un jour contemplé un bol couvert de fleurs juste cueillies se sont sentis reliés à l’émotion ressentie à ce moment, en fonction de la fleur particulière qui y reposait.

Dans ce processus, on ne peut terminer sans un mot concernant le préparateur ou la préparatrice, sur le rôle desquels on pourrait dire beaucoup, mais ce n’est pas notre sujet.
Soulignons ici que par son geste de dépôt conscient et recueilli, il ou elle établit un lien énergétique entre le végétal et le liquide récepteur Cinquième élément de conscience, le préparateur est à la fois celui qui parachève le rôle de la nature et, celui qui est co-créateur.

L’infusion solaire, un remède de haute vibration

Les deux manières employées par le père fondateur des élixirs floraux pour recueillir la plante ont chacune leur utilité. L’infusion solaire rassemble cependant des idées novatrices et subtiles très originales et proches des processus naturels. Elle condense la force spécifique et vitale des rayons solaires et nous connecte à la transcendance de la lumière, source de Vie sur tous les plans de l’être. L’infusion solaire fait corps avec tous les éléments naturels présents et offre un remède de grande vibration.

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